Lors de fêtes locales, un grand nombre d’alcopops et de cocktails sont en effet vendus à des adolescents très jeunes, parfois âgés de 12 ou 13 ans. En Belgique, il est pourtant formellement interdit de servir ou de vendre de la bière ou du vin aux moins de 16 ans, ainsi que toute boisson forte (en ce compris les alcopops et les cocktails) aux moins de 18 ans. Ces alcopops, sorte de limonades alcoolisées, et ces cocktails étant par ailleurs très populaires auprès des jeunes en raison de leur ressemblance aux sodas et de leur goût très sucré.
En vertu des dispositions légales, l'exploitant ou le vendeur a l’obligation de vérifier l'âge du mineur avec sa carte d'identité ou tout autre document valable. Or, les volontaires qui servent au bar lors de fêtes locales sont à peine plus âgés et ne contrôlent pas systématiquement l'âge de celui qui commande un alcool fort.
L’alcool étant facilement accessible, les adolescents boivent généralement toute la soirée afin d’atteindre l’ivresse. Cet état d’ivresse n’est pourtant pas sans conséquence.
Sur le terrain, le service « Tabac et Alcool » du SPF Santé publique contrôle le respect de la législation. Il a effectué, en 2011, 4.300 contrôles qui ont abouti à l'établissement de 108 procès-verbaux à la suite d'infractions à la législation (82 procès-verbaux suite à des ventes d’alcool fort aux moins de 18 ans et 26 PV pour la vente de bière et de vin à des ados de moins de 16 ans). A titre de comparaison, fin 2010, le Service de contrôle Tabac et Alcool du SPF Santé publique constatait que 8 % du secteur Horeca (48 infractions sur les 560 établissements contrôlés) ne respectait pas l’interdiction. Les chiffres sont par conséquent encourageants mais peuvent toujours être améliorés. Les enquêtes du CRIOC ont en outre déjà montré à plusieurs reprises que l’interdiction de vente aux mineurs reste régulièrement contournée.
Le CRIOC souligne que les risques pour la santé en cas de consommation excessive d’alcool chez les jeunes sont bien réels : comportements violents ou agressifs, comas éthyliques, accident de voiture, décès précoce, diminution des capacités cérébrales, problème de concentration et de mémoire, détachement sur le plan scolaire, professionnel ou affectif, alcoolisme,… Il est donc primordial que chaque partie concernée prenne ses responsabilités et collabore activement afin d’instaurer un environnement festif sécurisé pour les jeunes.