Durant ces 30 dernières années, la consommation énergétique du secteur des transports a plus que doublé. Et les carburants représentent plus de 50% des émissions nocives de NOX et de CO qui, avec le CO2, ont les effets nocifs que l'on sait. Le kérozène, carburant des avions, est le plus polluant de ceux-ci:
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Production de CO2 en g/tonne:
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| Camion | 240 |
| Avion | 1600 |
| Rail | 44 |
| Voiture | 53 |
Or, le kérozène est exempté de taxes! Il n'est donc pas étonnant que l'industrie du tourisme affiche une croissance arrogante, en pratiquant un dumping agressif sur le prix des déplacements. Une internalisation des coûts provoqués par la pollution du transport aérien devrait être envisagée au niveau mondial, comprenant également les frais d'infrastructures (aéroports) et de protection de l'environnement visuel et sonore. Le hic étant évidemment d'obtenir de telles mesures au niveau mondial...
En termes de coûts externes (assumés par la collectivité et non par l'usager), c'est la voiture qui s'avère la plus gourmande: selon une étude de l'Infras et de l'IWW en mars 2000 sur les "Coûts externes des transports, coûts des accidents, d'environnement et de congestion en Europe de l'Ouest", les coûts externes liés aux différents modes de déplacement sont comptabilisés comme suit, hors congestion, pour 1000 voyageurs-km:
| Voiture | 87 € |
| Avion | 48 € |
| Bus | 38 € |
| Train | 20 € |
Or, de 1980 à 1998, le volume des transports en voiture a presque doublé, tandis que celui des trajets en train a légèrement diminué (quoique ces dernières années, on constate une reprise de la croissance du nombre d'usagers du rail, cfr dans ces pages, "De la route au rail"). Toujours durant ces 20 dernières années, les investissements en infrastructures ont diminué pour le rail (- 14 % en voies ferrées, - 32 % en gares SNCB) et ont augmenté pour la voiture et le transport routier (+ 18 % en routes de moyenne et petite importance, + 40 % en autoroutes). Et l'on prévoit d'ici 2020 un renforcement de cette tendance, du fait de l'augmentation toujours croissante du volume des transports, passagers et marchandises.
Le transport dans le budget des ménages
Les conséquences ne se font pas seulement sentir pour l'environnement: notre qualité de vie est également remise en cause par cette évolution. Ainsi, certains n'hésitent pas à déclarer que la réduction du temps de travail est inutile car le temps ainsi gagné se trouvera vite perdu dans les embouteillages.
Selon l'enquête annuelle de l'INS sur le budget des ménages, les dépenses à des fins de transport des personnes, y compris le prix d'achat d'une voiture privée, représentent actuellement près de 12 % du total des dépenses des ménages belges. C'est un des quelques postes où l'on enregistre une croissance nette après un recul en 1987-88. Dans le tableau ci-dessous, les dépenses consacrées au tourisme sont présentées à part car ces dépenses n'intègrent que pour partie des frais de transport.
Enquête INS: évolution du pourcentage du budget des ménages belges, consacré aux déplacements:
| Enquête INS: évolution du pourcentage du budget des ménages belges,
consacré aux déplacements |
| |
1978-79 |
1987-88 |
1996-97 |
1997-98 |
| Achat de véhicule |
3.8 % |
3.8 % |
3.4 % |
4.6 % |
| Dépenses d'utilisation véhicule |
5.5 % |
5.4 % |
6.3 % |
6.4 % |
| Services de transport |
0.8 % |
0.86 % |
0.87 % |
0.88 % |
| Total frais déplacement |
10.1 % |
10.06 % |
10.57 % |
11.88 % |
| Voyages touristiques (dont transport) |
3.9 % |
3.3 % |
2.8 % |
3.1 % |
On note des différences entre les régions (enquête INS 99):
| |
Moy. Nat. |
Bxl |
Flandres |
Wallonie |
| Transp. personnel |
11.69 % |
8.17 % |
11.45 % |
13.28 % |
| Transp. publics |
0.71 % |
1.21 % |
0.68 % |
0.61 % |
| Voyages touristiques |
3.14 % |
2.48 % |
3.38 % |
2.90 % |
Parallèlement, on constate qu'au niveau des ventes de voitures, le contexte économique favorable de l'année 2000 a eu pour conséquence que le nombre d'immatriculations de véhicules neufs durant cette année a pulvérisé tous les records. Par rapport à cette année exceptionnelle, une baisse des ventes de véhicules a été enregistrée pour le 1er semestre 2001: - 11 % en Belgique, avec une reprise néanmoins enregistrée au mois de juin. Au-delà de ces fluctuations conjoncturelles, on constate qu'en 20 ans, le nombre de personnes possédant une voiture a presque doublé. Actuellement, plus de 4.5 millions d'automobilistes circulent sur 147.000 km de routes en Belgique, y effectuant une moyenne de 15.200 km par an.
Répartition des modes de transport
Selon une enquête réalisée en 99 par les Facultés Universitaires Notre Dame de la Paix à Namur, et financée par les Services Fédéraux des affaires scientifiques, techniques et culturelles de l'Etat fédéral, l'utilisation des moyens de transport publics et privés se répartit comme suit, en tenant compte du fait qu'un utilisateur peut emprunter plusieurs moyens de transport:
Transports privé: 63,6%
- Vélo: 3,4%
- Vélomoteur/moto: 1,2%
- Voiture (conducteur): 39,6%
- Voiture (passager): 24,4%
- Autre: 1,6%
Transports publics: 8%
- Train: 3,1%
- Bus: 5,6%
- Tram: 0,4%
- Métro: 0,7%
- Taxi: 0,1%
Marche: 26,3%
Transport et lieu de travail
Le Conseil des Ministres a approuvé le 31/8/01, un projet de loi relatif à la collecte des données sur les déplacements des travailleurs entre leur domicile et leur lieu de travail. La nouvelle réglementation vaut pour toutes les entreprises publiques et privées de plus de 100 travailleurs. Le but à terme est la mise sur pied de "plans de gestion de la mobilité", comprenant des solutions pour réduire l'usage de la voiture individuelle (covoiturage, transport collectif organisé par l'entreprise ou autre), et ce en fonction de l'organisation du travail, de l'accessibilité du lieu de travail, etc.
Actuellement, on estime qu'en Flandres, plus de 20 % des déplacements en voiture sont des trajets domicile-travail. 68 % des travailleurs se rendent à leur travail en voiture, 8 % seulement utilisent les transports en commun.
Commerce et déplacements
Les déplacements à des fins de shopping représentent environ 22 % du total des déplacements, et pour ce faire, 60 % des gens se déplacent en voiture.
Un Forum bilingue organisé le 26 septembre 2001 au Sénat, "Commerçants et mobilité", dans le cadre de la semaine de la mobilité, lancera la réflexion sur les alternatives à la voiture pour le shopping. Des représentants de Lille et de Maastricht y feront part de l'expérience de ces villes où les quartiers commerçants ont fait l'objet d'aménagements volontaristes pour privilégier piétons et cyclistes.
Les déplacements des enfants
Une récente enquête dans la province d'Anvers auprès de 8.189 élèves a montré que dans cette région, 3 enfants sur 10 sont conduits à l'école primaire en voiture. Or, près de 8 enfants sur 10 habitent à moins de 5 km de l'école (3 sur 10 à moins d'un km). Malgré ces courtes distances, les parents rechignent en général à laisser leurs enfants utiliser un vélo, parce qu'ils les trouvent trop jeunes, et que les routes sont dangereuses. En l'occurrence, Test-Achats dans son magazine de septembre 2001 a pointé les graves problèmes de sécurité aux abords des écoles, en raison du trafic routier. D'où l'intérêt d'encouragements au ramassage scolaire en vélo, tel qu'il se pratique dans certaines communes pilotes telles que Schaerbeek.
En matière de ramassage scolaire par bus, notons qu'en Wallonie, là où les services des TEC ou de la SNCB n'offrent pas de solution praticable pour le transport des jeunes en âge scolaire, un ramassage "à la carte" peut être demandé. L'école doit pour se faire introduire auprès de la Commission consultative déconcentrée de sa zone, une demande de prise en charge de l'élève concerné.
Initiatives pour encourager les alternatives à la voiture
Ce tour d'horizon souligne l'urgence d'initiatives publiques pour infléchir cette évolution dans le sens de modes de déplacements plus compatibles avec le développement durable. On ne peut donc que se réjouir de toutes celles qui fleuriront à l'occasion de la semaine de la mobilité, du 22 au 30 septembre, qu'il s'agisse d'expérimenter le ramassage scolaire en vélo, les vélo-écoles pour adultes, le co-voiturage, etc. Rappelons dans ce contexte la campagne menée par les instances fédérales pour promouvoir les casques de sécurité pour les cyclistes (cfr DCDC n° 93). Les transports en commun sont également à l'honneur puisque la semaine se clôturera par la journée Train-tram-bus.
Agendas de la Semaine de la Mobilité sur internet:
Certaines communes présentent également des initiatives sur leur site, ou dans le journal communal. On peut consulter aussi les sites www.gracq.org et www.provelo.org des associations cyclistes.