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Ménages démunis, doublement pénalisés

Communiqués de presse - Crise
Date : 06-02-2010
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La crise économique a touché plus en profondeur les ménages à revenus modestes. Par manque de moyens financiers d'une part et par manque de formation et de maîtrise des codes de la consommation. Il sont ainsi plus facilement victimes des stratégies de marketing. Pour remédier à ce problème, le CRIOC demande que les autorités publiques prennent plus de mesures, afin de mieux protéger et informer ces consommateurs plus fragilisés.

Ces trois dernières années, le CRIOC a réalisé nombre d'études sur base de 200 indicateurs d'attitudes et de comportements. A partir de là, les données concernant les comportements des consommateurs appartenant aux groupes sociaux inférieurs furent analysées. L'analyse portait sur la consommation et les achats de denrées alimentaires, la consommation non alimentaire et de services, la consommation durable, les magasins et le comportement d'achat, la santé, le niveau d'équipement du ménage, l'utilisation d'insecticides et de produits contre les animaux nuisibles et les parasites, et l'impact général de la crise sur les ménages à faibles revenus.

Les faits...

  • Les ménages à faibles revenus se laissent surtout guider par le prix et la publicité pour un produit. La qualité et l'absence d'additifs jouent un rôle beaucoup moins important. Par ailleurs, ils achètent aussi beaucoup de produits soutenus par le marketing, tels que l'eau, les aliments pour bébés ou les plats préparés. Un consommateur sur trois ne prépare jamais à manger lui-même.
  • Dans le domaine des produits non alimentaires et des services, les consommateurs à revenus modestes, et même des seniors, disposent de moins de confort. Ils possèdent nettement moins d'appareils électroniques tels qu'un ordinateur, congélateur, four à pain, lave-vaisselle, machine à laver, four à micro-ondes et sèche-linge. Ils sont moins convaincus des qualités des appareils économiques en énergie et économisent moins d'électricité.
  • Les consommateurs à faibles revenus ont peur de l'avenir et consultent plus rapidement un(e) voyant(e).
  • Parce qu'ils chauffent plus souvent leur habitation avec du mazout, l'impact de la baisse du prix des produits pétroliers est également nettement plus important.
  • Le loyer du logement d'un ménage à faible revenu est plus bas que pour d'autres ménages, mais il représente une part plus importante du revenu. Cela explique aussi pourquoi ils ont beaucoup plus de difficultés à acquérir leur propre maison.
  • Les seniors à revenus réduits sont trois fois moins souvent propriétaire d'un logement et se retrouvent plus facilement dans des difficultés financières. Aujourd'hui, 1 sur 2 estime qu'il/elle n'a pas assez d'argent pour vivre et 2 sur 3 restent très inquiets du montant de leur pension.
  • Parce qu'ils éprouvent des difficultés avec le remboursement de crédits à la consommation, de crédit revolving, de factures de téléphone, énergie ou soins de santé, 1 consommateur sur 6 à bas revenus a déjà eu à faire à un huissier et même quand il n'était pas d'accord avec le montant, il a tout de même accepté de payer.
  • 9 consommateurs à bas revenus sur 10 se chargent eux-mêmes de l'éducation de leurs enfants et évitent l'accueil en crèche ou par une gardienne. A l'occasion de la naissance de leur enfant, ils dépensent beaucoup d'argent et vont à la recherche des meilleurs produits parce qu'ils estiment qu'un manque d'argent ne peut mettre un frein à l'éducation. Cette logique apparaît également lors de l'achat de matériel scolaire à la rentrée ou dans la décision concernant l'argent de poche.
  • La méconnaissance de la notion de “développement durable" influence leur comportement dans le domaine de l'énergie, du chauffage et de l'achat de produits qui sont dangereux pour leur santé et pour l'environnement. Ils prêtent moins attention aux économies d'énergie et à l'installation d'un système régulateur. Parce qu'ils connaissent peu la législation, ils demandent rarement des primes pour la rénovation ou l'isolation de leur logement.
  • Le manque d'informations peut mener à une mauvaise utilisation d'insecticides et d'herbicides.
  • Les consommateurs à revenus modestes achètent surtout les produits les moins chers dans un magasin qu'ils ont sélectionné sur base du prix et de la proximité: Aldi, AD Delhaize, GB Contact, GB Partner et Lidl.
  • Faire les courses leur pose problème pour reconnaître des produits allergènes, pour ne pas se laisser tenter par des offres commerciales, pour utiliser une liste de courses ou pour acheter avec peu d'argent.
  • Les ménages à revenus réduits tiennent peu compte de la valeur nutritionnelle des produits. Ils grignotent plus souvent et font plus souvent régime après.
  • Ils ont plus souvent des allergies. Tant les jeunes que les seniors trouvent leur santé mauvaise, mais ils prennent peu de médicaments génériques parce qu'ils ne les connaissent pas.
  • Tant les jeunes que les adultes fument plus, jouent plus à des jeux de hasard et prennent peu souvent part à des événements sportifs et/ou culturels.
  • La crise touche ces ménages plus en profondeur que les autres. Les postes du budget les premiers à être réduits concernent des choses essentielles comme les soins corporels et de santé, l'alimentation, l'électricité, le chauffage ou l'eau. Ils ont modifié leurs habitudes de consommation plus que d'autres groupes, en consommant moins.

La pression commerciale et publicitaire...

Des techniques commerciales et la pression publicitaire incitent les consommateurs à acheter plus ou à la surconsommation. Certains consommateurs sont insuffisamment capables (par manque de connaissance, de moyens, de formation, de sensibilisation) de déchiffrer une offre commerciale comme:

  • Une incitation à la surconsommation en achetant de grandes quantités, qui ne sont pas toujours justifiées.
  • La promotion de l'utilisation de toujours plus de produits.
  • Le conditionnement aux achats réguliers de produits en promotion.
  • L'achat de produits pour la reconnaissance sociale.
  • Le manque de lisibilité et de compréhension d'étiquettes et de labels.

Les stéréotypes dessinent la consommation

Un mélange d'éducation et de pression commerciale et publicitaire font que les consommateurs à faibles revenus sont plus dupes que d'autres. Si les consommateurs reçoivent une meilleure information et savent mieux ce qu'ils achètent, ils seront plus sensibles à l'information objective qui est diffusée et ils imiteront moins souvent des comportements stéréotypes.

Peur de l'avenir

L'inquiétude de bien des consommateurs, et certainement des consommateurs à revenus modestes, repose notamment sur l'augmentation du prix des produits et la baisse du pouvoir d'achat, ainsi que sur la peur générale d'une détérioration des conditions de vie.
Beaucoup de consommateurs considèrent l'âge de la pension comme un âge difficile parce que la santé se détériore. A cela s'ajoute encore le fait que les soins de santé coûtent cher.

Recommandations du CRIOC

  • Sans protection suffisante, sans informations régulières, sans éducation non commerciale systématique et suffisante pour contrer les effets de la publicité, les consommateurs à revenus modestes risquent d'être floués et la consommation duale se manifestera encore plus.
  • La réforme de la loi sur les pratiques du commerce pourrait être, si l'on ne fait pas attention, un premier pas vers le graduel recul de la protection des consommateurs.
  • Les écoles de consommateurs et les actions de sensibilisation doivent être encouragées et soutenues à long terme.
  • Sans contrôle sur les pratiques malhonnêtes ou dangereuses pour le consommateur et sans la possibilité d'introduire des “class actions”, la méfiance des consommateurs s'accroîtra. Et certains consommateurs pourraient être tentés de faire justice eux-mêmes parce que les autorités publiques ne les écoutent ou ne les protègent pas.
  • La peur de l'avenir doit s'intégrer dans une politique des prix. Et un contrôle des prix plus strict devrait s'organiser.
  • En matière de nutrition et de prévention de santé, la promotion de sports sans risques doit être encouragée. Une offre suffisante d'activités physiques accessibles pour tous les consommateurs doit se développer en vue de l'amélioration de l'état de santé des consommateurs à moyen terme.
  • L'étiquetage et l'offre de labels, slogans et logos doivent être encore mieux réglementés de sorte que le consommateur puisse mieux distinguer les informations fiables des information fantaisistes.
  • La crise a eu un effet important sur les habitudes de consommation des ménages à revenus modestes, qui doivent aujourd'hui trouver des solutions plus pointues à leurs difficultés.

Etude complète

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