Cette étude permet d'élaborer une typologie de la prévention des déchets. Elle synthétise les 683 interviews réalisées par téléphone auprès des habitants de la Région de Bruxelles capitale et de la Région wallonne âgés de 18 ans et plus.
Le profil des consommateurs
L'étude identifie quatre profils qui développent une logique de perception différente :
- Les prévoyants : Très sensibles à la problématique du gaspillage alimentaire, ils essayent de programmer leurs achats pour éviter celui-ci. Par contre, ils sont moins attentifs à la conservation des produits achetés. [48%]
- Les volontaires : Ces consommatrices sont convaincues que le gaspillage alimentaire a un impact environnemental important et s’en soucient, même quand elles rencontrent des difficultés à gérer les achats. [27%]
- Les impulsifs : Le gaspillage alimentaire ne constitue pas une priorité à leurs yeux, d’autant qu’ils ne sont guère attentifs aux achats. Ils n’adoptent pas de comportements en vue de le limiter. [15%]
- Les anxieux : La peur de l’intoxication alimentaire les incite à acheter des produits emballés et à éviter de consommer les restes de nourriture. Chez eux, le gaspillage alimentaire est fréquent. [10%]
L'étude développe, entre autres, ces profils sur base des habitudes d'achat alimentaires, de la gestion et de la conservation des aliments et des caractéristiques sociodémographiques.
Attitudes
L’évolution de la perception du gaspillage alimentaire s’améliore. La population wallonne y est, globalement, plus attentive, même si des comportements problématiques subsistent. Chaque segment développe une logique de perception différente, mais, deux groupes (3 consommateurs sur quatre) ont développé des attitudes et des comportements favorables à la limitation du gaspillage alimentaire, les prévoyants et les volontaires. L'étude indique cependant que ces derniers ne savent pas toujours comment agir de manière efficace.
- Les prévoyants se focalisent sur la prévention et la limitation des achats alimentaires. Après l’achat, il leur arrive de jeter des produits alimentaires. [48% soit + 13% depuis 2007]
- Les volontaires ont un profil est très similaire au profil des consommateurs sensibles à l’environnement et à la prévention des déchets. Ce segment semble constituer un noyau dur de convaincu. Un bémol : la gestion des achats alimentaires leur pose quelques difficultés générant ainsi du gaspillage. [27% soit -2% depuis 2007]
- Les impulsifs réfléchissent peu à leurs achats. Le caractère impulsif de leurs achats les conduit à ne pas s’interroger sur leurs pratiques de gaspillage. [15% soit - 4% depuis 2007]
- Les anxieux : rejettent, par souci de sécurité alimentaire, et, sans doute, par méconnaissance, la consommation des restes. De ce fait, le gaspillage alimentaire est régulier au sein de ce groupe. [10% soit - 7% depuis 2007]
En terme d'évolution des profils, entre 2007 et 2010, on observe que tous les profils à l'exception des prévoyants diminuent.
Recommandation
Une politique de communication en vue de la réduction du gaspillage alimentaire devrait à la fois s’articuler vers des conseils généraux tant en matière d’achat que de conservation des aliments et d’utilisation des restes. Le « comment agir » devrait être plus explicité tout en rassurant sur les risques liés à la sécurité alimentaire. L'impacte de la communication sera d'autant plus persuasif que le message est adapté au profil des consommateurs. Ainsi avec :
- Les prévoyants faut-il confirmer la nécessité de gérer ses achats alimentaires, expliquer les méthodes de conservation et l’intérêt de cuisiner les restes. [48%]
- Les volontaires : convient-il de reconnaître l’engagement et de fournir des outils pratiques de gestion des achats, de conservation des aliments et des fiches recettes de cuisine de restes. [27%]
- Les impulsifs : faut-il expliquer l’intérêt de limiter le gaspillage alimentaire en précisant les conséquences (coûts) du gaspillage actuel. [15%]
- Les anxieux : convient-il de les rassurer sur les dangers relatifs à la sécurité alimentaire, expliquer les méthodes de conservation et l’intérêt de cuisiner les restes. [10%]
Etude complète: Le gaspillage alimentaire.
Etude complète: Typologie du gaspillage alimentaire.