Le CRIOC se rallie à cette protestation pour plusieurs raisons :
Oubli des consommateurs séniors
La SNCB semble ignorer que tout le monde n’est pas logé à la même enseigne et que de nombreux consommateurs, particulièrement les plus âgés, ne disposent pas d’internet. C’est ce que l’on appelle la fracture numérique. Ou ne savent pas l’utiliser, c’est ce qu’on appelle la fracture numérique de second degré. Ceux- là n’auront d’autres choix que de payer un supplément non négligeable pour leur voyage.
Le sentiment d’exclusion et de frustration que peuvent ressentir nos aînés dans notre société n’en sera que renforcé.
Oubli des consommateurs vulnérables
Cette fracture numérique ne concerne pas que les séniors. De nombreux consommateurs ne peuvent pas encore s’offrir ce luxe (et on a souvent tendance à l’oublier de manière égoïste) qu’est internet. Les efforts qui ont été fournis en la matière sont considérables mais pas encore suffisants. Surtout quand on sait que les prix pratiqués en Belgique font partie des tarifs les plus élevés en Europe.
De même, une réservation via internet n’est souvent possible que moyennant la possession d’une carte de crédit. Quid des personnes qui n’en ont pas accès ? Les moins nantis seront les premières victimes de cette mesure et, paradoxalement, c’est à eux qu’il sera demandé de débourser plus.
Justification hasardeuse
La SNCB justifie ce supplément car la vente au guichet constitue une aide professionnelle d’un guichetier pour le consommateur. N’est ce pas normal de recevoir l’aide d’un guichetier lors de l’achat d’un billet de train ? Y-a-t-il un supplément à payer à la Poste quand le consommateur vient chercher un colis recommandé ? Une telle justification implique qu’un supplément soit demandé aux consommateurs pour tout service où il y a contact humain en raison d’une aide professionnelle apportée.
Absence d’un service de qualité
Enfin, rappelons qu’il n'est pas possible d'acheter un billet en ligne pour tout type de trajet d’une part, et que d’autre part, l’employé du trafic international est également là pour éventuellement informer le consommateur sur les itinéraires, les tarifs, les alternatives,… L’information au consommateur qui doit demeurer gratuite serait-elle donc devenue payante pour la SNCB ?
Exceptions
La SNCB indique toutefois sur son site que des exceptions seront prévues pour les personnes à mobilité réduite et leur accompagnateur ainsi que pour les malvoyants. Tout autre type d’handicap est arbitrairement exclu de ce régime d’exception.
Le CRIOC tient à souligner qu’un critère sur lequel peut se fonder une pratique discriminatoire est la fortune et que la discrimination peut prendre la forme de mesures apparemment neutres comme des règlements. On parle alors de discrimination indirecte.
Compte tenu de la justification hasardeuse de la SNCB, la question mérite d’être soulevée sachant que la victime ne doit pas prouver qu'elle est discriminée ; mais que c’est à l'auteur de prouver qu'il n'a pas discriminé selon la loi.
Etant en contact quotidien avec le consommateur, le CRIOC est en première ligne pour écouter ses griefs et l'aider dans ses démarches ou porter sa voix aux niveaux des pouvoirs publics. Voilà pourquoi le CRIOC s’insurge contre ces pratiques discriminatoires et compte non seulement saisir le Centre pour l’Egalité des chances mais également le Conseil d’Administration de la SNCB.