Il n'a pas fallu longtemps pour que l'industrie agroalimentaire prenne conscience de l'intérêt marqué du consommateur pour l'origine des denrées. Désormais, l'origine des denrées alimentaires suscite donc un regain d'intérêt de la part des fabricants.
Prenons un exemple concret. Danone a sorti sa nouvelle gamme de produits sous l'appellation: Belorigine.
Sur l'emballage, on peut lire: "Fabriqué en Belgique" ou "Fabriqué en Belgique avec du lait belge" ou encore "Fabriqué en Belgique avec du chocolat belge".
Le consommateur est-il bien informé par ces mentions? N'est-il pas trompé?
Tout d'abord, il est évident que dans le cas de Belorigine, le risque de tromperie du consommateur est indiscutable. Le produit, de par sa dénomination et son emballage (drapeaux belges), donne à penser au consommateur que le produit est 100% belge. Donc l'indication de l'origine est obligatoire. Mais l'origine de quoi?
Un produit fabriqué en Belgique ne donne pas la garantie au consommateur que celui-ci est fabriqué en utilisant des ingrédients belges.
Si on prend le yaourt entier à la fraise ou le yaourt entier à la cerise de Belorigine par exemple, rien ne permet au consommateur de connaître l'origine des ingrédients du produit. D'où viennent les fraises? D'où viennent les cerises? Certainement pas de Belgique ! Quant au yaourt au sirop de liège, la part de ce dernier ne représente que 2.7% du yaourt.
Peut-on encore parler dès lors d'un produit belge parce que "fabriqué"» en Belgique? De plus, quelle part tient la fabrication et/ou la transformation du produit en Belgique?
Danone n'enfreint pas la législation mais profite ainsi du flou actuel qui règne sur la future nouvelle règlementation en surfant sur la vague du "Made in Belgium". Il faudra attendre les décisions qui seront prises au niveau européen pour y voir plus clair.
C'est pourquoi il est important pour le CRIOC de rappeler ses revendications en matière d'étiquetage de l'origine des denrées alimentaires.
Un étiquetage compréhensible, complet, lisible et non trompeur pour le consommateur
Le CRIOC défend le principe de l'étiquetage obligatoire de l'origine des denrées alimentaires
En ce qui concerne les ingrédients de la denrée, il faut la mention obligatoire de l'origine de ceux qui représentent plus de 50 % des produits composés, ou qui sont sa caractéristique principale (tomate dans le ketchup, oranges dans le jus, ou fraise dans yaourt à la fraise) ou qui se retrouvent dans la dénomination du produit.
Pour les autres revendications du CRIOC relatives à l'étiquetage, nous vous renvoyons à notre étude récente : Etiquetage nutritionnel: Trop d'infos tue l'info, ou quand le mieux est l'ennemi du bien ! , avril 2010.