Comme pour l'étude réalisée par le CRIOC en 2006, le constat reste tout aussi affligeant : loi bafouée et absence d'éthique tant dans les stations service, les épiceries, les librairies (press-shops) que dans la grande distribution. A l'époque, à peine un point de vente sur dix respectait la loi, aujourd'hui, ils sont à peine deux sur dix.
Des jeunes, enquêteurs mystère se sont présentés dans plus de 160 points de vente répartis sur tout le pays pour y acheter bière et alcopops. Huit fois sur dix ils sont repartis avec un alcopop (prémix ou limonade contenant de l'alcool) et une bière sous le bras, malgré le fait que la vente d'alcool et d'alcopops est interdite aux mineurs.
Aujourd’hui, difficile pour le secteur de justifier, 3 ans après la première étude, ces comportements irresponsables et peu éthiques. La législation existe, elle doit être respectée et des sanctions doivent être prises pour les points de vente peu respectueux de la loi.
Force est de constater qu'en trois ans, la situation ne s’est (presque) pas améliorée. La loi est bafouée quotidiennement par des vendeurs à la recherche d’un profit sans limite.
L'action des fédérations professionnelles semble inefficace. Pour preuve, les mêmes enseignes et points de vente continuent leurs ventes.
Et s'il est vrai que consommer de l’alcool ne conduit pas nécessairement à sombrer dans l’alcoolisme, des études montrent que le jeune n’est pas conscient des dangers liés à l’alcool et que l’alcool est une drogue (sociale?). Ces constats des pouvoirs publics et des acteurs de la santé ne sont malheureusement que trop peu partagés par les vendeurs.
Ignorer ou refuser d’appliquer la législation n’est guère de nature à rassurer parents et éducateurs et revient parfois à faire preuve d’hypocrisie et de pur cynisme. C’est pourquoi, après 3 ans où les modifications de comportement brillent par leur absence, il est nécessaire de renforcer les contrôles et les amendes en cas de non-respect de la législation.
Des comportements surprenants :
Sur la porte d’entrée, un autocollant annonce que la vente d’alcool est interdite aux moins de 18 ans. A la caisse, les enquêteurs paient sans difficulté leurs achats d’alcopops.
Un vendeur demande l’âge de l’enquêteur (12 ans) et déclare qu’il s’agit de l’âge idéal pour commencer !
Un vendeur accepte de vendre un alcopop mais l’arrivée inopinée de la police le décourage de conclure la vente acceptée avant l’arrivée de celle-ci. Preuve s’il en est de la connaissance du caractère infractionnel de la vente et d’un choix délibéré du vendeur.
Manifestement la législation en matière de vente de bière et d’alcool est d’une part, méconnue, et d’autre part, n’est pas respectée.Â
Méconnue : Cette législation d’origine fiscale crée sans doute une confusion dans le chef des vendeurs qui interdisent la vente de bière. En outre, autoriser la vente conduit à vendre des bières à teneur en alcool plus élevée que certains alcopops !
Non respectée : Aujourd’hui, l’enquête démontre à loisir que n’importe quel jeune de 12 ans peut se procurer des boissons alcoolisées. D’autant que les vendeurs qui acceptent de vendre, sont parfois (voire souvent) conscients des conséquences de l’alcool sur les jeunes.
A cette déresponsabilisation s’ajoute aussi l’absence de prise de conscience, du cynisme ou de la connivence avec le jeune.
En conclusion...
Difficile pour le secteur de justifier, 3 ans après la première interpellation du CRIOC, ces comportements irresponsables et peu éthiques. La législation existe, elle doit être respectée et des sanctions doivent être prises pour les points de vente peu respectueux de la loi.
Sur le plan réglementaire, force est de constater, une fois de plus, que l’autorégulation ne fonctionne pas ! C’est pourquoi, il est nécessaire d’harmoniser la réglementation en matière de vente de boissons alcoolisées et d’interdire tout type de vente (en débit et en magasins) de tout type de boissons alcoolisées (en ce compris les bières et les vins) de manière identique.
Parler de responsabilité sociétale des entreprises exige aussi que des actions concrètes et transparentes soient prises sur le terrain !
Il est temps d'agir, de dénoncer ces pratiques illégales et d'identifier les points de vente concernés. A suivre...
Le chiffre
| 12% | | 12% des consommateurs connaissent une importante privation matérielle |
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Vrai / Faux
Hélène et Bram décident de s'offrir une escapade de 15 jours en vacances. Pour ce faire, ils décident de souscrire une assurance annulation. Il s'agit d'un contrat de vente.
Vrai - Faux