Pour cette étude, les scientifiques ont interviewé 1.304 personnes de plus de 18 ans, dont 684 en mars et 620 en juillet. La majorité des Belges (6 sur 10) s'intéresse aux bonnes habitudes alimentaires et a déjà consulté un(e) diététicien(ne) à ce sujet. La moitié des Belges lit l'emballage et 4 sur 10 veulent en savoir davantage sur la composition du produit. Néanmoins, ils ont des difficultés à choisir le plus sain parmi deux produits, ils ont une mauvaise perception de leur propre poids et ils savent peu des quantités quotidiennes recommandées de fruits, légumes et de sel. Ils ne savent pas non plus estimer la durée d'activité physique à laquelle ils doivent se consacrer par jour.
Connaissance au sujet du poids, des fruits et légumes et du sel, de l'activité physique
- Les consommateurs sont incapables d'évaluer leur poids. Des analyses de l'IMC démontrent qu'ils le sous-estiment largement.
- Les consommateurs ne savent pas non plus exactement le nombre de fruits et légumes recommandés par jour. La plupart pense que 3 portions suffisent, tandis que les experts recommandent 5 portions.
- 8 consommateurs sur 10 surestiment la quantité de sel à consommer par jour. Les experts estiment que 6 gr par jour sont un maximum. Moins d'un consommateur sur trois sait d'ailleurs qu'on peut remplacer le sel normal par du sel iodé.
- 9 consommateurs sur 10 surestiment le temps qu'on doit consacrer à une activité physique par jour. Selon des spécialistes, 30 minutes par jour sont suffisants.
- Pourtant, malgré ces constats, les consommateurs aimeraient être informés de la valeur nutritionnelle des produits. Un consommateur sur cinq affirme même qu'il a adapté ses habitudes d'achat suite à un message à ce sujet.
Profil de consommateurs qui méritent une attention particulière
- 1 consommateur sur 2 veut recevoir plus d'informations sur la valeur nutritionnelle des produits, surtout les Bruxellois (29%) et les célibataires (12%).
- La large communication sur les valeurs nutritionnelles et la santé a un impact sur les comportements d'achat des Belges. Les Wallons (+16%) et les ménages (+13%) disent plus souvent qu'ils ont adapté leurs habitudes d'achat en fonction. Cette réaction est moins fréquente chez les hommes (-6%) et les Flamands (-8%).
- Les groupes sociaux inférieurs trouvent que les appels à manger sain sont énervants et culpabilisants. Ils ne recherchent pas d'information, ne lisent pas l'emballage, s'intéressent peu à la valeur nutritionnelle indiquée sur les étiquettes et consultent moins souvent un(e) diététicien(ne).
Il est clair que les actions déjà menées dans le cadre du PNNS portent leurs fruits. Mais pour mieux protéger les groupes à risque, le CRIOC demande aux autorités publiques de renforcer les mesures et de délimiter également l'utilisation des allégations nutritionnelles.
Le CRIOC revendique:
- Une meilleure collaboration avec les organisations de consommateurs.
- Plus de contrôles et un meilleur suivi des plaintes en matière d’information nutritionnelle et d’allégations.
- Des actions spécifiques de sensibilisation en matière de nutrition à destination des groupes à risque.
- Plus de mesures de limitation de consommation de produits contenant trop de sucre, trop de graisse et trop de sel par une information spécifique identifiant clairement le risque de consommation.<.
- Les autorités publiques feraient bien d'interdire les allégations de santé et de freiner les incitations à la consommation de produits alimentaires peu équilibrés.
- Il doit y avoir plus de cohérence entre les objectifs de santé publique et la limitation de la publicité, tout particulièrement celle destinée aux enfants.
L'étude complète est disponible sur le site crioc