Impairs
Sans revenir sur les origines de la crise des subprimes, force est de constater que de nombreuses erreurs de gestion semblent avoir été commises dans de nombreuses institutions financières.
Passent
Nombreux sont les acteurs qui se sont tus dans toutes les langues. Y compris les autorités de contrôle et la fédération belge des institutions financières (FEBELFIN).
Et manquent
A plusieurs reprises, les organisations de consommateurs ont de mandé plus de régulation et de contrôle. Que ce soit tant au niveau des produits vendus, souvent incompréhensibles et dont le rendement est impossible à évaluer par le consommateur. Que ce soit dans la qualité de l'information mise à sa disposition.
Privatiser les bénéfices, nationaliser les pertes. Telles seront, sans doute, les conclusions que des consommateurs tireront de la crise du système financier. Et personne ne s'en étonnera: cela devient courant aux Etats-Unis et en Europe. Pour cette raison, les organisations de consommateurs s'interrogent sur le suivi des fonds publics qui seront mis à disposition des banques. Il est heureusement évident que l'Etat aura désormais son mot à dire dans la gestion de la politique bancaire, mais n'est-il pas temps d'entendre également la voix des consommateurs dans ce débat?
Il semblerait que la crise soit maîtrisée. En effet, grâce aux pouvoirs publics, un effort financier a été fourni afin de sauver les grandes banques du fiasco. C'est salutaire. Cette intervention donne aux banques un peu de marge pour respirer. Mais à présent, les autorités publiques vont devoir veiller à la manière dont cette injection financière sera utilisée. L'Etat aura donc un rôle primordial de régulateur économique à jouer en orientant les choix stratégiques des banques concernées.
N'oublions pas que le rôle de l'Etat est de soumettre l'outil financier au service de l'économie réelle et non l'inverse. Les consommateurs et les petits épargnants sont aussi des producteurs de biens et services d'aujourd'hui et de demain. Ce sont ces derniers qui sont en première ligne lorsque l'économie tourne mal. Qui risque en effet de perdre son emploi ou de voir sa qualité de vie s'effondrer sinon le consommateur lui-même en cas de crise et de pouvoir d'achat diminué?
Envisageons dans l'avenir que le politique favorisera les placements éthiques et respectueux du développement durable. Il s'agirait alors de prévoir lors de toute génération de bénéfices, une réaffectation de ceux-ci à des projets valorisant le bien-être de la population. Il conviendrait aussi de s'interroger sur le mode de rémunération des dirigeants des entreprises bancaires et de veiller à ce qu'ils ne tirent pas de profit de la crise en cours. Pourquoi ne pas lancer une politique d'investissements en matière d'énergie qui bénéficie à l'ensemble de la population?
En outre, l'injection d'argent public ne peut se concevoir sans un contrôle rigoureux de l'affectation de l'argent des consommateurs.
Au delà de la crise, des enseignements doivent être tirés et notamment en matière de régulation des marchés. Il convient de développer des outils plus efficaces de contrôle comme les agences de notation, de s'interroger sur le fonctionnement de la CBFA et de la représentation des consommateurs en son sein. Cette représentation est actuellement inexistante et les organisations de consommateurs insistent pour que cela change, de sorte que le chien de garde ne fasse pas qu'aboyer, mais puisse le cas échéant mordre la dérégulation financière outrancière en temps de crise.