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Contrôle indépendant des prix : il y a urgence !

Du côté des consommateurs - Prix
Date : 17-11-2011
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L'action "Caddy minimum garanti" de l'association Présence et Action Culturelles (PAC), un mouvement d'éducation permanente et populaire, a remis à l'avant plan une revendication déjà ancienne du CRIOC : l'urgence d'un contrôle indépendant des prix !

En clair : que le prix des aliments de base, à tout le moins, soit contrôlé par l'Etat. C'était encore le cas du pain voici quelques années, mais depuis la libéralisation du marché, le prix de cette denrée de base a explosé ! Et les plus précarisés, surtout, ne parviennent plus à conserver leur pouvoir d'achat.

L'Association Présence et Action Culturelles a ainsi sensibilisé les consommateurs sur la hausse des prix alimentaires, hausse qui intervient de telle façon qu'elle arrive à mettre en péril le droit à l'accès à des denrées alimentaires de base.

Les militants, présents pendant une semaine à l'entrée de grands supermarchés dans tout le pays, ont notamment distribué une reproduction d'un ticket de caisse reprenant le prix des denrées alimentaires de base pour plus ou moins deux repas. "Le but du ticket est de donner une image des prix des denrées alimentaires de base dans la grande distribution, et ce en rapport avec le revenu d'intégration - de plus ou moins 770 euros - et le seuil de pauvreté - fixé à environ 970 euros", explique Anne-Lise Cydzik, responsable des campagnes de la PAC. "Nous demandons à ce que les prix de l'alimentation de base puissent être contrôlés par l'Etat, comme l'était le prix du pain jusqu'à il y a peu. Notre but est de faire comprendre qu'un autre système est possible", souligne Anne-Lise Cydzik.

"Pour le CRIOC qui plaide également pour l'urgence d'un contrôle indépendant des prix, dire qu'aujourd'hui le consommateur fixe les prix c'est rêver » déclare Marc Vandercammen. « Mais ce qui est assez fou dans notre société c'est que plutôt que de développer des produits de qualité, le marché se dit que pour avoir plus de consommateurs, il faut les faire acheter plus : donc on propose des produits moins chers. On s'oriente vers un système de prix ou le consommateur est induit à regarder les prix et en devient capable d'acheter seulement parce que le prix est bas..."

"En résumé, le système serait tel que l'on jette à la figure du consommateur des prix les plus bas possibles, pour inciter à l'achat impulsif, sans réel besoin. On développe à outrance le besoin d'achat... Les prix continuent à baisser régulièrement" poursuit Marc Vandercammen. "Et ils n'augmentent pas nécessairement aussi vite que le revenu : au début du siècle passé, il fallait une journée de travail pour acheter un pain. Aujourd'hui, on a plusieurs pains en une heure de travail... La question que l'on doit se poser est celle des choix à faire".

Nous vivons en effet dans une société où les besoins sont clairement plus nombreux qu'au siècle passé: aujourd'hui il "faut" être équipé d'une télé écran plat, manger du foie gras à Noël ou partir au soleil l'été et au ski l'hiver... "Ce niveau de besoins coûte de l'argent et si on n'a pas de revenus suffisants on ne sait pas se l'assurer alors qu'au niveau alimentaire on peut s'en sortir avec un salaire moyen".

Enfin, il conviendrait aussi, pour tendre à un meilleur équilibre dans la distribution, et pour que chacun ait un bénéfice suffisant, de limiter les profits ou de définir un système de taxation tel que si le profit est largement supérieur à un standard fixé, il existe une taxation pour permettre aux autres partenaires de la chaîne d'avoir un revenu juste : le phénomène a déjà été observé dans plusieurs secteurs. A la base, le producteur laitier n'obtient pas grand chose de la vente du lait de ses vaches à la laiterie...

Les responsables de l'Observatoire des prix le concèdent : nous vivons dans un marché ouvert, où quand le prix des matières premières augmente, tout augmente. En revanche, quand l'effet inverse se produit, quand les prix de base diminuent, on n'observe pas de réaction du marché, ou alors elle est beaucoup plus lente. Et c'est ici que le consommateur peut peser de tout son poids : s'il n'achète plus le produit devenu trop cher, le producteur va répercuter la baisse de prix... Mais le consommateur a tellement été conduit à penser que ce produit est indispensable qu'il ne va souvent pas modifier son comportement.

"Les produits alimentaires transformés comptent pour 13% dans le panier alimentaire", note l'Observatoire des prix. "Depuis 2005, ces prix ont augmenté d'environ 13 % en Belgique, alors que dans la moyenne des pays voisins, l'augmentation était de 8%..."

Le consommateur belge serait-il moins réactif que dans d'autres pays ? La situation serait-elle appelée à changer si l'Etat contrôlait des prix des produits alimentaires de base, celui du pain, des légumes, des oeufs...?

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