C'est début juillet 2011 que le Commissaire européen John Dalli a reçu cette lettre de la part de Gérard Bapt, président de la mission parlementaire française sur le Médiator, du nom du médicament des laboratoires Servier détourné comme coupe-faim qui a fait plusieurs centaines de morts en France, et causé des lésions des valves cardiaques chez de très nombreux patients.
Sur le site du député français, on peut lire que le Dr Kurz aurait rédigé un rapport fin 1994, qui tendait à minimiser et contester les alertes des risques de valvulopathies émises par des médecins belges vis-à -vis des coupe-faim des laboratoires Servier. Ce rapport a alors été transmis à l'autorité américaine, qui a par la suite autorisé la mise sur le marché d'une molécule cousine de celle du Médiator. Or, sans cela, le député est d'avis que de nombreuses victimes auraient pu bénéficier de l'alerte sur les valvulopathies. C'est la raison pour laquelle il demande à l'Europe de reconsidérer la nomination de l'auteur du rapport à l'agence européenne du médicament.
Cependant, par une lettre du 13 juillet 2011, l'autorité européenne se défend, clarifie les faits, et réitère la confiance qu'elle voue en l'expert belge.
Sans avoir pris connaissance du rapport litigieux de 1994, il ne revient pas au CRIOC de se prononcer quant à cette affaire. Cependant, il est utile de rappeler la nécessité de la pharmacovigilance telle qu'elle est organisée, non seulement à l'échelon européen, mais aussi à l'échelon de notre pays. L'AFMPS (Agence Fédérale des Médicaments et des Produits de Santé) est l'organe de référence en la matière, et à côté du médecin, elle doit être saisie en cas de doute ou simple question quant à l'usage d'un médicament.