A ce stade, trois CCI ont déjà vu le jour: la première traite des changements climatiques (rôle : stimuler l'innovation dans les économies d'énergie), la seconde de l'énergie durable et la troisième vise à développer une société de l'information et de la communication.
Ces communautés de la connaissance et de l'innovation (en anglais : des KIC) existent depuis dix mois et dépendent directement de l'IET.
Récemment, la commissaire européenne Mme Vassiliou, en charge de l'éducation, s'est félicitée de leur existence : 'Ces CCI ont été mises en place comme des entités juridiques distinctes, avec une structure de gouvernance claire et un directeur général à temps plein.' A noter que l'Union européenne ne contribue qu'à 25% au budget des CCI, ce qui les contraint à passer par des investisseurs privés.
Les CCI se présentent ainsi comme de grands réseaux de partenaires alliant éducation et recherche avec un objectif très fort en termes d'innovation. Elles associent des universités, des instituts de recherche et de grands acteurs de l'innovation (grands acteurs industriels, PME, pôles de compétitivité…).
Concernant la troisième des communautés citées, huit consortiums d'acteurs européens de l'informatique et des télécoms étaient en lice sur l'appel d'offre. Le 16 décembre 2009, à Budapest, le jury a tranché et la société EIT ICT Labs a été choisie. Les travaux d'EIT ICT Labs porteront notamment sur la nouvelle génération d'Internet, les nouveaux services, la médecine numérique, les systèmes ubiquitaires... 'Notre proposition est centrée sur des thématiques qui rejoignent des problèmes sociétaux : les services à la personne, l'hôpital à domicile, les transports intelligents, la société numérique durable, ...' Cette CCI devrait durer 12 à 15 ans et compte 23 partenaires principaux en s'organisant autour de cinq 'noeuds' qui sont autant de centres de co-localisation où travailleront des équipes communes incorporant des universités, des industriels, des PME, des entrepreneurs, ...
Quant à l'IET, l'Institut européen d'innovation et de technologie, il existe depuis un an et ses bureaux sont basés à Budapest, en Hongrie. L'EIT a été créé à partir d'une idée de José Manuel Barroso, le président de la Commission Européenne, sur le modèle du célèbre MIT (Institut de technologie du Massachussets, Etats-Unis), afin de relier les trois aspects du 'triangle de la connaissance', à savoir la recherche, l'éducation et l'innovation. L'objectif est d'accélérer le transfert de connaissances pour stimuler l'innovation. La proposition a cependant essuyé le feu des critiques, contraignant la Commission à tempérer ses ambitions.
Ce nouvel Institut a pour mission de renforcer la position de l'Europe dans des secteurs stratégiques et d'améliorer sa compétitivité dans l'économie mondiale. Une Fondation s'occupe de rechercher des fonds auprès d'investisseurs privés. Depuis que l'idée a été soumise, nous l'avons souligné, le projet a fait l'objet de nombreuses critiques.
Le plan initial de la Commission, qui proposait la construction d'un campus unique tout en insistant sur les engagements à long terme des entreprises et des chercheurs, a été rejeté par le propre comité consultatif de la Commission (EURAB).
Dans leur premier rapport, publié en avril 2005, les experts de l'EURAB ont mis en garde la Commission, précisant qu'un institut de recherche de niveau mondial ne pouvait être créé selon une 'méthode descendante' et que pour voir le jour l'IET devait dès le début obtenir le soutien plein et entier de la communauté des entreprises, et que l'indépendance du comité de direction devait être clairement établie et protégée.
Une consultation des parties concernées sur les principales missions, les objectifs, la valeur ajoutée et l'éventuelle structure de l'IET s'est tenue en automne 2005 et la Commission a adopté sa première proposition officielle pour la création de l'IET en février 2006. En mars 2006, cependant, les Etats membres ont rejeté l'idée de construire l'IET sur un campus unique, déjà existant ou à l'étude. Les chefs d'Etat et de gouvernement ont plutôt préféré soutenir sa création sous la forme d'un réseau virtuel d'institutions déjà en place, contraignant ainsi la Commission à édulcorer sa proposition originale et à proposer d'autres mesures pour la création de l'IET à la suite des recommandations du Conseil européen. Finalement, l'IET a vu le jour en 2009.
La commissaire Vassiliou vient d'annoncer qu'en décembre 2011 un premier programme stratégique d'innovation présentera les priorités et objectifs de l'IET pour les sept prochaines années. Mme Vassiliou entend que cet institut demeure une institution souple, qui échappe 'au carcan des mécanismes de financement traditionnels'. De la sorte, les CCI sont plus attractives. Et c'est toute l'innovation européenne qui est sur les rails…