Mais le développement de méthodes alternatives prend plus de temps que prévu et selon les infos distillées par la Commission européenne, il se pourrait bien qu'un report ait lieu.
Pour l'heure, c'est le règlement européen 2009/1223/CE qui s'applique et interdit la mise en vente de produits testés sur animaux, pour les seuls tests « simples », soit l'irritation du produit pour la peau et les yeux.
Mais c'est depuis 1976 déjà que l'Europe traite du problème des tests sur les animaux, et a adopté une directive sur les cosmétiques. Celle-ci a été modifiée une dizaine de fois. D'abord, l'Europe a interdit les tests en matière de cosmétiques, puis la vente des produits ou ingrédients testés sur animaux dans des pays tiers (comme les Etats-Unis).
La date de 2013 est maintenant retenue pour l'interdiction de tests plus complexes, et plus seulement les tests d'irritation. Or, il se dit que l'industrie ne sera pas prête à temps avec le développement de méthodes alternatives (ce qu'a confirmé un représentant de Colipa, l'association européenne des cosmétiques) et il se murmure que le report aurait lieu jusqu'en 2019, une nouvelle qui a eu l'heur d'irriter les défenseurs des animaux, qui se mobilisent et activent des dizaines de pétitions et de lettres de protestation sur le net.
En même temps, de gros industriels de la cosmétique comme L'Oréal annonçaient de leur côté avoir réussi à développer en France, à Lyon, un centre qui permet de tester la sécurité de ses produits sur des peaux humaines reconstruites et non des êtres vivants. Ce centre d'évaluation prédictive serait désormais en mesure de produire 130.000 unités de peau humaine reconstruite par an, reproduisant neuf modèles de peaux différentes. Par ailleurs, l'industrie et la Commission européenne cofinancent ensemble un projet de recherche de 50 millions d'euros pour mettre au point des méthodes de recherche sans animaux.
Le marché des cosmétiques n'est pas anodin en Europe : il représentait 69,5 milliards d'euros en 2009, l'Allemagne, la France et l'Italie étant les principaux marchés. Quant au marché mondial, il pèse pour 136 milliards d'euros et dans l'Europe des 27, en moyenne, chaque habitant dépense 128 euros par an en produits de toilette et cosmétiques. Enfin, il faut savoir que les tests sur animaux restent autorisés aux Etats-Unis, deuxième marché mondial après l'Union européenne. Et en Chine et au Brésil, respectivement quatrième et cinquième marchés mondiaux, ces tests y sont même imposés par le gouvernement.