Ce lundi 21 février, le conseil de l'UE a adopté en première lecture (l'Italie était le seul pays à voter contre) une position commune sur un projet de réglementation de l'étiquetage alimentaire. Actuellement, plusieurs dispositions européennes définissent des obligations concernant les étiquettes alimentaires : mention de la nature exacte du produit, de la date limite de consommation, de la quantité, etc. Mais pour le reste, le flou est de mise.
Ce nouveau texte législatif vise à faire en sorte que les étiquettes des denrées alimentaires présentent les informations essentielles d'une manière claire et lisible, permettant ainsi aux consommateurs de faire des choix diététiques équilibrés et plus sains. L'un des éléments essentiels de la position du Conseil est le caractère obligatoire de la déclaration nutritionnelle: il deviendra obligatoire de faire figurer la valeur énergétique et les quantités de graisses, d'acides gras saturés, de glucides, de protéines, de sucres et de sel.
Celles-ci seraient exprimées pour 100 g ou 100 ml, ou en pourcentage des apports de référence quotidiens.
Le Conseil de l'Union européenne a également décidé d'imposer une taille minimale de caractères (3 mm) pour assurer une meilleure lisibilité de l'information.
A ce stade, le conseil de l'UE a seulement fixé quelques exceptions, comme certaines boissons alcoolisées (vins, bières…) ainsi que les denrées alimentaires non préemballées (pain, produits frais, etc). Cependant, les allergènes devront être indiqués dans tous les cas. Et la justification de l'exemption sera vérifiée dans les cinq ans.
Quant à la provenance des produits, le pays d'origine est obligatoirement mentionné, mais uniquement si son absence est de nature à induire les consommateurs en erreur, précise le texte. Pour les viandes, cette obligation est bien réelle et ne se limiterait plus seulement au bœuf (comme c'est actuellement le cas, suite à la crise de la vache folle), mais aussi aux viandes de porc, d'agneau et à la volaille. Sur la mention du pays d'origine en général, viandes ou autres produits, un rapport sera soumis dans les trois ans à venir pour déterminer s'il est opportun d'étendre la mention à d'autres produits, comme le lait ou les produits contenant de la viande transformée.
Désormais, le projet de règlement, adopté par le conseil européen, a été transmis au Parlement européen pour une seconde lecture. Celle-ci est attendue avant juin, avant l'application pratique de la nouvelle réglementation dans les 27 pays membres.
Reste à vérifier si, concrètement, en magasin, les consommateurs prendront le temps de déchiffrer plus attentivement les étiquettes : un code couleur, défini un temps à Bruxelles par l'UE, avait finalement été abandonné en première lecture au parlement européen, ce que regrettait le bureau européen des unions de consommateurs.
Pour la commission européenne, en tout cas, il y avait nécessité d'informer, non seulement sur les apports caloriques, mais aussi sur la provenance.
Pour mémoire, c'est en décembre qu'un accord politique du Conseil européen de la santé est intervenu sur le sujet de l'étiquetage nutritionnel. Le compromis proposé était d'ailleurs d'origine belge et seule l'Italie s'y était opposée… A noter qu'à ce moment, les boissons alcoolisées étaient aussi concernées par la mesure, ce qui n'est plus le cas à présent. Enfin, les ministres de la Santé des 27 n'étaient pas très clairs alors concernant l'emplacement à donner sur le produit pour l'étiquetage nutritionnel : la face avant du produit était abandonnée pour un plus vague champ visuel de l'emballage. Quant à la responsabilité de l'information, les ministres avaient tranché en la reportant sur le fabricant ou l'importateur, si celui-ci n'est pas établi dans l'Union.