Le Parlement européen a d'ailleurs pris position, le 17 février, quant à la marche à suivre pour tenter d'enrayer les variations extrêmes de prix redoutées en 2011.
En détail, le prix du sucre est sur le point d'atteindre un record historique, et celui du blé a plus que doublé depuis juin 2010.
Une des raisons principales de cette volatilité des prix du marché est l'offre alimentaire qui est devenue totalement instable alors que dans le même temps la demande augmente de manière régulière (3% par an), souligne l'eurodéputé.
Le déclin de l'offre des denrées de première nécessité, lui, s'explique aisément. Il y a, d'une part, les catastrophes climatiques qui sont 6 fois plus nombreuses (!) qu'il y a un demi-siècle et dont tout le secteur agricole en subit les conséquences (récentes inondations en Australie ou incendies en Russie par exemple).
D'autre part, il y a l'émergence des agro-carburants qui nécessitent la mise en culture de surfaces toujours plus importantes qui ne servent donc plus à nourrir la population: c'est le cas de 30% de la production de maïs aux Etats-Unis ou de la canne à sucre au Brésil. Et vu que le prix du pétrole ne cesse de grimper, cette tendance risque de s'aggraver dans les années à venir.
Enfin, le nombre de terres consacrées à l'agriculture diminue chaque année. 25 millions d'hectares de surfaces cultivées sont perdus tous les ans du fait de la dégradation de l'environnement, de l'industrialisation et de l'urbanisation. Il s'agit de l'équivalent de la surface du Royaume-Uni !
Les spécialistes indiquent que pour 2010-2011, la consommation pourrait être supérieure à la production, ce qui va faire diminuer les stocks. Ajouté à cela l'arrivée sur le marché de grandes multinationales qui spéculent sur les variations de prix des denrées alimentaires, tous les voyants d'une situation critique sont déjà à l'orange conclut Marc Tarabella qui recommande dès lors de réguler le marché, de calmer la volatilité des prix et les spéculations, et de prôner une consommation de produits de proximité (en évitant par exemple d'aller chercher des tomates ou du poulet à 15000km).
A cet égard, il faut rappeler que dans les pays développés, la partie du budget du ménage consacrée à l'alimentation est de 10 à 20%, contre 60à 80% dans les pays pauvres. Et selon les nouveaux chiffres publiés par le Groupe de la Banque mondiale (www.banquemondiale.org), 44 millions de personnes s'ajoutent depuis le mois de juin dernier au nombre déjà trop élevé des pauvres, en raison de cette hausse des prix alimentaires.
Les prix alimentaires sont proches de rejoindre les niveaux qui ont provoqué la crise alimentaire en 2008. L'indice des prix alimentaires de la Banque mondiale a progressé de 15% entre octobre 2010 et janvier 2011, se situant ainsi à un niveau supérieur de 29% à celui de l'an dernier, et n'étant plus qu'à 3% du plafond de 2008. Cette hausse des prix est déjà en train de faire basculer des millions de personnes dans la pauvreté et d'exercer des pressions sur les plus vulnérables, qui consacrent déjà plus de la moitié de leurs revenus à l'alimentation, a déclaré le président du Groupe de la Banque mondiale, Robert B. Zoellick voici une semaine.
La hausse enregistrée au cours du dernier trimestre est en grande partie attribuable aux augmentations des prix du sucre (20%), des matières grasses et huiles (22%), du blé (20%) et du maïs (12%), dit encore l'organisation. Parmi les céréales, ce sont les prix mondiaux du blé qui ont connu la hausse la plus marquée ces derniers mois. Le prix du blé a doublé entre juin 2010 et janvier 2011, tandis que le prix mondial du maïs a quant à lui progressé de 73% entre juin et décembre 2010.
Ce 17 février, le Parlement européen a donc adopté une résolution sur la volatilité des prix des denrées alimentaires et des matières premières.
Face à cette spéculation, nous avons les moyens d'agir concrètement, a soulevé un eurodéputé. Cela passe par la transparence sur les stocks avec la mise en œuvre d'une politique publique de stocks en Europe et une gestion au niveau mondial, en particulier au niveau de l'ONU.