Première stratégie: augmenter légèrement les prix des produits comparables entre enseignes et forcer l’augmentation sur des produits non comparables
Les produits les moins chers sont souvent les plus recherchés aujourd’hui par les consommateurs. Dans l’impossibilité de comparer tous les prix, les consommateurs font confiance aux marques et enseignes qui se disent les moins chères. Oui, mais parfois, ce sont ces produits qui augmentent le plus. Ainsi, que ce soit pour le riz ou les pâtes, certaines enseignes n’hésitent pas à augmenter largement le prix des premiers prix ou de la marque du magasin (marque de distributeur) quand le prix des marques nationales diminue ou reste limité. L’augmentation peut s’expliquer par la sensibilité au prix plus forte des produits premiers prix ou des marques de distributeurs. Mais de pareilles différences laissent planer le doute sur l’importance des marges réalisées par les marques nationales qui peuvent diminuer de manière spectaculaire leurs prix ou sur les discours d’enseignes qui annoncent des prix plus bas et augmentent simultanément les prix.
Le riz
| Catégorie |
Augmentation septembre – novembre 2008 |
| Premier prix |
+12,3% |
| Marque nationale |
-2,1% |
Les pâtes
| Catégorie |
Augmentation septembre – novembre 2008 |
| Premier prix |
0% |
| Marque de distributeur |
+32,3% |
| Marque nationale |
-12,8% |
Deuxième stratégie : modifier la composition du produit
Des labels diminuent les niveaux à atteindre pour que des produits puissent être labellisés. Ainsi, en matière de labellisation de la viande, il suffit de supprimer toute référence à la présence ou non d’ogm (organismes génétiquement modifiés). Des marques remplacent du lait par du lait en poudre (moins cher), des huiles de qualité par des huiles bon marché et de qualité médiocre comme l’huile de palme. Les matières premières moins onéreuses sont à la source des produits premiers prix. Ce procédé particulièrement pernicieux a été étudié par le CRIOC qui a montré que cette stratégie était appliquée par de nombreuses enseignes.
Troisième stratégie: modifier le poids pour dissimuler l’augmentation de prix
Des produits ont connu des modifications de poids. Aux Etats-Unis, le jus d’orange TROPICANA a vu la contenance de son conditionnement diminuer de 96 FL OZ à 89 FL OZ. En Europe, les barres chocolatées fondent comme neige au soleil … sauf leur prix. En Belgique, un consommateur s’est récemment plaint à la presse (La Dernière Heure) que la mousse à raser NIVEA (Aquacool) se vendait en juillet 2,49 euros pour 200 ml et en août 2,49 euros pour 150 ml. En France, le magazine des consommateurs, 60 millions de consommateurs, épinglait des pratiques étonnantes comme la diminution du poids chez Prince de LU (de 330 gr à 300 gr), chez Jockey de DANONE (de 1.000 gr à 850 gr.), chez DANETTE (125 gr mais acheté par 16, pèse 115 gr), Chez AMORA où le poids de vinaigrette à l’ancienne est passé de 500 ml à 450 ml tout en augmentant son prix de 1,41 euro à 1,95 euro.
Dans un Carrefour de la région namuroise, l’éditeur Sud presse a constaté qu’un paquet de 8 sachets de mini-BN au chocolat au lait était proposé comme la super-aubaine avec son estampille “ format économique ”: prix au kilo, 10,27 € alors que dans les rayons, deux paquets de mini-BN étaient proposés à 9,27 €/kg, soit un euro de différence! Les macaroni Panzani coûtent, par 500 grammes, 2,30 € du kilo, alors que le paquet d'un kilo est à 2,36 €. D’autres produits peuvent aussi s’avérer plus cher en grand conditionnement qu’en petit : Cif Oxygel parfum orange, Frolic au bœuf, les cornichons aigre-doux de la marque Carrefour, la mayonnaise Calvé, riz Bosto cuisson rapide, etc.
Quatrième stratégie : vente groupée ou préemballée
En comparant les prix proposés d’un produit seul ou de produits groupés ou préemballés, le consommateur peut parfois faire des découvertes surprenantes.
| Pratique commercial |
Mode d’emploi |
Danger pour le consommateur |
| Vente par lot |
Le magasin propose en promotion, 2 produits. |
La vente à l’unité revient moins chère |
| Conditionnement familial |
Le conditionnement proposé est plus grand et génère un prix à l’unité plus faible |
Parfois, le conditionnement plus important est plus coûteux que un conditionnement normal (bières spéciales) |
| Mini-conditionnement |
Le produit est proposé en format plus petit |
Le prix est inversement proportionnel à la taille du conditionnement. Les mini barres chocolatées voient leur prix supérieur à la barre classique. |
| Vente en préemballé |
Le consommateur choisit un conditionnement tout prêt |
Le poids affiché ne correspond pas au poids réel du contenu (fruits et légumes, poudres à lessiver, etc.). |