Mieux comprendre
Lait cru: lait qui n’a subi aucun traitement thermique
Lait pasteurisé: lait chauffé à haute température ce qui réduit de manière significative le nombre de micro-organismes
Fièvre Q: maladie provoquée par la bactérie Coxiella burnetii que l’on retrouve dans les cheptels de bovins mais surtout chez les plus petits ruminants à savoir les caprins et ovins. Cette bactérie est extrêmement résistante et infectieuse. |
Transmission à l’homme
Les études scientifiques confirment que la maladie est bien transmissible à l’homme. Les Pays-Bas en sont la preuve, le pays étant confronté depuis 2007 à une explosion de cas humains de fièvre Q, avec un pic de 2.500 contaminations pour 2009. Cette maladie est surtout dangereuse chez les personnes à risque comme les personnes âgées et les femmes enceintes.
La transmission se fait principalement par voie aérogène. L’infection est donc due principalement à l’inhalation. Toutefois, la bactérie causant la maladie se retrouve également dans le lait des animaux infectés. Se pose dès lors la question de la transmission de la maladie à l’homme par la consommation de lait, sachant qu’un lait cru ou qu’un produit à base de lait cru présente un risque beaucoup plus important pour l’homme qu’un lait ayant été pasteurisé.
Le hic ! Il n’existe pas de preuve scientifique concluante que la consommation de lait ou de produits laitiers contenant la bactérie entraîne la maladie chez l’homme, et a contrario pas de preuve concluante que sa consommation soit sans danger. De ce fait, la pasteurisation obligatoire des élevages contaminés indiquée par l’AFSCA est contestée par certains éleveurs ou associations.
Position des éleveurs
Les produits au lait cru font partie de la culture gastronomique de notre pays. Vouloir pasteuriser, c’est tuer le goût de ces produits. Compte tenu de l’absence d’éléments probants substantiels, ils ne voient pas la nécessité de la pasteurisation.
Position de l’AFSCA
L’AFSCA estime que la santé du consommateur ne peut être mise en danger et demande la pasteurisation obligatoire pour les exploitations laitières caprines et ovines positives. De plus, elle recommande une série de mesures préventives au sein des exploitations. L’AFSCA reconnaît que le risque est mineur pour la santé publique, mais il est réel pour les personnes à risque à tout le moins.
Position du CRIOC
Pour le CRIOC, la santé du consommateur est primordiale. Même si le besoin d’investigations supplémentaires est urgent, le CRIOC estime que la sécurité alimentaire est essentielle et exige des mesures de précaution équilibrées dont la pasteurisation obligatoire pour les exploitations positives fait partie.